A cinq branches

Étoile de mer à identifier

Vous l’avez remarqué au vu des dernières photos publiées, Anaïs et moi sommes allés nous faire dorer la pilule sous le soleil martiniquais. Après quelques clichés de couchers de soleil, je reprends donc la plume pour introduire une semaine un peu spéciale. En effet, tous les jours de cette semaine, Anaïs vous proposera une photographie sous-marine : grande première sur ce site ! Quelques explications s’imposent donc.

 

Tout le monde le sait, on vient en Martinique pour ses plages de carte postale, sable fin et cocotiers devant une mer turquoise. Mais pour les amoureux de nature et d’animaux que nous sommes, force est de constater que ce département français est bien vide. Pour nous qui sommes habitués à la biodiversité délirante d’un autre département pourtant si proche, la Guyane, il y avait de quoi être déçu. Sur terre, on ne trouve plus grand-chose à se mettre sous l’objectif photo. Niveau oiseaux, quelques colibris sont tout de même de la partie (toujours agréable au petit-déj !), quelques reptiles discrets sont aussi présents, mais niveau mammifères, c’est le calme plat. L’isolement de l’île et la chasse intensive ont vidé les forêts de leurs habitants. Bref, pas franchement de quoi vous proposer une cascade de photographies animalières. A noter tout de même, nous avons eu la chance de croiser la route de la seule et unique mygale restant sur l’île, la magnifique Avicularia versicolor.

 

Heureusement, la pauvreté animale sur terre est largement compensée par l’extraordinaire biodiversité que l’on découvre en plongeant la tête sous l’eau. J’ai donc converti pour une semaine Anaïs aux joies de la randonnée aquatique, ou « snorkelling » (plus clairement, les éternels palmes, masques et tubas). Malheureusement, pour immortaliser les richesses sous-marines, il faut du matériel photo bien particulier. Il y a deux écoles : les caissons étanches pour appareil photo « terrestre » et les appareils spécifiques à ce type de milieu. Pour la première catégorie, sachez qu’il faudra vendre un rein pour emmener votre réflex favori sous les vagues. Par exemple, le caisson étanche spécifique à l’appareil d’Anaïs (un Canon EOS 50D) coute la modique somme de… 1400 euros. Il a donc fallu se tourner vers les appareils spécialisés. Et là aussi, le caractère étanche d’un appareil fait grimper les prix en flèche. Pour un bon matos professionnel, il faudra là aussi compter quelques milliers d’euros. Anaïs a donc eu la joie de se faire offrir un appareil plus petit, moins perfectionné, mais à un prix plus accessible. Un compact étanche jusqu’à cinq mètres seulement donc, de marque Pentax (Optio W80 pour être plus précis). Bien loin de permettre une qualité comparable à un réflex ou de proposer autant de réglages que ce dernier.

 

En résumé, il faudra donc être indulgent quant à la qualité des clichés de cette semaine. Surtout que la photographie sous-marine est un genre à part entière, totalement inconnu jusqu’ici pour nous, avec ses spécificités et ses contraintes. Les distances, les couleurs, les lumières, tout est différent une fois passé sous la surface. Plus important encore, si sur terre la prise de vue ne demande souvent du photographe qu’une connaissance technique de son matériel, sous l’eau, il faudra aussi maitriser ses mouvements sous l’eau, arriver à se rapprocher lentement de l’animal, savoir se stabiliser avant d’appuyer sur le déclencheur, etc. Mais surtout, pour les randonneurs aquatiques, il faudra souvent plonger en apnée pour se rapprocher du sujet. Pour Anaïs qui découvrait les joies et les frayeurs de la plongée (en forêt, elle est l’amie des fourmis, sous l’eau, c’est avec les méduses qu’elle a fait copain-copain), la plongée en apnée, ce n’était pas pour cette année. C’est donc souvent moi qui m’y suis collé pour approcher et immortaliser un bon nombre de poissons.

 

Ainsi, toutes les photos présentées cette semaine ne seront pas forcément d’Anaïs. Mais qu’importe. Qu’importe aussi la qualité toute relative de certains clichés (l’appareil avait quelques fois du mal à gérer le manque de lumière), parfois bien loin de ce qu’Anaïs a pu vous proposer sur ce site. Malgré tout cela, nous avons décidé de vous proposer quand même ces quelques photos sous-marines. Simplement parce que pour nous, novices en la matière, les sujets présentés valaient le coup d’œil, qu’ils reflétaient ne serait ce qu’une infime fraction des magnifiques rencontres que nous avons pu faire. Prenez donc les quelques clichés à venir comme une présentation en image de la richesse des fonds martiniquais, un premier essai de ce genre photographique si particulier, fait avec les moyens du bord.

 

Ces quelques précisions nous semblaient nécessaires avant de vous laisser profiter de cette semaine martiniquaise « spéciale fonds marins ». Comme pour le « Mois de la Guyane » (mais en plus court !), je vous proposerai donc chaque jour un court texte en lien avec la photo présentée. Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine, en images !

 

Yann

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