Tous ensemble

Le problème de la photographie macro, c’est que l’on n’a pas vraiment de recul sur la scène. Donc pour ceux ou celles qui ne comprennent pas trop cette photo, je vous propose quelques explications écrites et en images.

Lors de nos vadrouilles en forêt, il nous est souvent arrivé d’avoir le chemin coupé par une colonne grouillante, sorte de coulée de lave vivante serpentant en travers de notre route. Ceux qui suivent auront compris que je parle d’immenses colonies de fourmis. Parmi près de 20 000 espèces existantes, bien difficile pour moi de vous dire de quelle espèce il s’agit ici. Après quelques recherches, je pencherais pour le groupe des fourmis légionnaires (fourmis nomades formant des colonies atteignant plusieurs millions d’individus), mais rien n’est sûr. Donc si un spécialiste de la taxonomie des fourmis tropicales sud-américaine passe sur ce blog, qu’il fasse signe.

Mais revenons à nos fourmis. Celles-ci passent donc le long d’un sillon large d’une dizaine de centimètres (voir plus), passant par endroit sous terre pour ressurgir un peu plus loin, se séparant parfois en plusieurs branches. Pour mieux comprendre la photo de ce post, je vous propose donc de prendre un peu de recul, en images. En s’éloignant donc un peu, on obtient ceci. Si l’on continue, on commence à bien voir ce fameux sillon. Et si vous voulez vous faire une idée encore plus générale, rien de mieux qu’une petite vidéo. Encore une fois, désolé pour la qualité de mes vidéos (et dire que je veux bosser là-dedans…), la prochaine fois je prendrais peut-être du vrai matos vidéo…

Ce qu’il y a de plus frappant chez ces petites bêtes, c’est en collant l’œil sur la colonie que l’on le remarque. Au sein du grouillement de bestioles, on note vite que toutes lesdites bestioles n’ont pas le même comportement. Un torrent de fourmis passe donc au centre du sillon, entouré par un barrage d’autres individus oeuvrant à la construction d’un véritable rempart végétal.

Bon, étant donné la clarté de la phrase précédente, rien ne vaut une petite photo pour illustrer tout ça. On y voit cette arche de débris végétaux en train d’être construite. Il nous est ainsi arrivé d’observer une colonie de fourmis passant au milieu d’une piste, et de retrouver le lendemain un tunnel entièrement refermé au même endroit. Ce n’est qu’en ouvrant une petite brèche que l’on s’aperçoit que des milliers de fourmis continuent d’emprunter le passage.

Le problème de ces tunnels entièrement refermés, c’est qu’ils se fondent vraiment avec le sol. Petit conseil qui sent le vécu : évitez de rester une bonne minute les pieds bien campés sur un de ces tunnels. Sur le coup, on ne se rend compte de rien. Mais quand une bonne dizaine de morsures commencent à se faire sentir, partant des mollets pour finir jusqu’au torse, on comprend vite qu’il faut regarder où l’on met les pieds. Lors du strip-tease qui s’ensuit pour se débarrasser des indésirables, on remercie le ciel que l’on soit dans une des régions les plus déserte du monde. Le même épisode au champ de mars, un soir de réveillon, serait certainement plus traumatisant…

Yann

3 Comments

  1. Marion 5 septembre 2009

    Sur l’attaque des fourmis, ça sent le vécu Yann ! Tu anticipes m’a remarque sur la photo qui n’a pas bcp de profondeur de champ… Du coup, je l’aimerais plus dans une catégorie « graphique » que dans « photo animalière ». En clair, je veux dire qu’elle est loin d’être ratée, mais pas assez claire au 1er abord. Pour ce qui est de l’identification, je penche comme toi Yann. Trouvé sur un blog : « La fourmis Eciton ou « fourmis légionnaire » sont guerrières et nomades (sans nid fixe). Rapides et efficaces, elles organisent des raids qui balayent la forêt à la recherche de nids de guêpes, d’autres nids de fourmis à piller ou de n’importe quel insecte qui se trouve sur leur chemin. Elles peuvent parfois s’attaquer à des petits vertébrés (lézards par exemple). Les soldats ont la tête blanche et possèdent de redoutables mandibules hypertrophiées. Après quelques semaines, elles changent de bivouac en formant de grands convois gardés par les soldats. Une fois le nouveau campement choisi (en général au sol, dans une cavité protégée), elles s’agglutinent pour former une masse de fourmis compacte de plusieurs millions d’individus ».

  2. Yann 6 septembre 2009

    Pas sûr pour les Eciton (groupe d’espèces de fourmis légionnaires), car on retrouve chez ces fourmis des mandibules démesurées, ce qui n’a pas trop l’air d’être le cas sur la photo. Autre chose, on ne parle pas de ce « tunnel » qu’elles forment avec des débris végétaux et minéraux pour les Eciton. L’enquête continue! Et j’en profite pour dire qu’on retrouvera dans des posts ultérieurs d’autres espèces de fourmis… encore plus bizarres! (Quel teasing je fais… :p)

  3. Marion 9 septembre 2009

    Les mandibules démesurées sont seulement l’apanage des soldats apparemment, donc pas les fourmis les plus nombreuses… Enfin, vous avez quand même mieux vu que moi.

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