Poules guyanaises

Coq de roche mâle (Rupicola rupicola)

Coq de roche femelle (Rupicola rupicola)

Je vous décrivais hier notre petite virée autour des grottes, sans toutefois évoquer la rencontre la plus importante. Je veux bien sûr parler d’un oiseau particulièrement emblématique de la Guyane : le coq de roche. En prime, petit cours d’approche ornithologique.

Je vous ais donc parlé hier des grottes et des rencontres que nous y avons faites. Mais le but de cette balade était avant tout de trouver (et pourquoi pas photographier) des coqs de roche. Ce superbe oiseau est en effet localisé uniquement autour des zones rocheuses en sous-bois (cavernes, falaises, éboulis…) qui permettent un habitat propice pour installer les nids. Ce n’est pas par hasard que nous souhaitions rencontrer ce volatile : d’une couleur incroyable, la tête ornée d’une surprenante crête, on peut dire que cet oiseau de bonne taille (40 centimètres de haut) est photogénique. Mais malgré les couleurs peu discrètes du mâle, il est souvent difficile de les apercevoir, tant ils évoluent dans des sous-bois particulièrement denses. Mais encore une fois, la chance était semble t’il avec nous !

Entre les deux « cirques » dont je parlais hier, nous apercevons donc, à quelques dizaines de mètres de nous, un éclair orange vif disparaitre entre les lianes. Anaïs et moi avançons donc prudemment dans cette direction. Nous tombons ainsi sur un beau mâle aux couleurs vives nous regardant avec méfiance. Sans le quitter des yeux, nous entamons alors une tentative d’approche. J’ouvre une petite parenthèse à ce sujet : il y a deux grandes techniques pour approcher les oiseaux. Soit on fait en sorte que l’animal ne se doute même pas de notre présence (c’est le principe des observatoires, s’ils sont bien faits) ; soit on essaye que l’oiseau nous ayant déjà repéré soit suffisamment en confiance pour nous laisser l’approcher. C’est donc cette dernière technique que nous avons suivi. Bien que cela ne marche pas toujours, il semble que cette fois-ci nous ayons eu des oiseaux coopératifs.

Il s’agit donc de repérer à quel moment l’oiseau ne se sent plus en confiance. Il faut imaginer que le volatile possède une sorte de périmètre de sécurité où il se sent en sureté. Si vous passez outre cette limite, il s’envolera. Il faut donc s’arrêter exactement à cette limite (on voit l’oiseau bouger, nous regarder, chercher dans quelle direction il pourrait s’enfuir, etc.) et attendre que l’oiseau soit à nouveau en confiance. En attendant ainsi immobile, l’animal réduit peu à peu ce périmètre de sécurité d’un mètre ou deux, nous laissant ainsi s’avancer un peu.

Après une demi-heure de ce manège en sous-bois dense, réduisant patiemment l’écart entre l’oiseau et nous, nos efforts furent récompensés. Nous avions tellement mis les oiseaux en confiance que ceux-ci ne faisaient quasiment plus attention à nous. Le mâle du début avait ainsi été rejoint par trois-quatre de ses congénères, tout ce petit monde volant à quelques mètres seulement autour de nous. Pendant toute l’heure où nous sommes restés à cet endroit, quelques femelles ont parfois rejoint les mâles, provoquant quelques querelles parmi ces derniers. Comme pour la plupart des oiseaux, la femelle porte des couleurs beaucoup plus ternes que le mâle, même si ces demoiselles-là possèdent tout de même la curieuse crête spécifique à cette espèce.

Le sujet ayant ainsi été approché, ne restait plus qu’à faire la photo. Cependant, la densité de la végétation était telle qu’il fut bien difficile pour Anaïs d’obtenir dans un premier temps des clichés assez clairs. Car au 500 mm, il est juste impossible de descendre en dessous d’un temps de pose de 1/500 (pour avoir plus de lumière) sans avoir un sujet flouté, surtout pour de l’animalier (et oui, les oiseaux, ça bouge !). Le diaphragme ouvert au maximum, il ne restait plus qu’à monter le plus possible la sensibilité et de régler au mieux sa balance des blancs (conseil d’Anaïs pour les sous-bois très sombres : choisir le réglage « nuageux », mais cela modifie aussi quelque peu les couleurs). Pour compléter tout cela, Anaïs a légèrement corrigé ce manque de lumière par quelques ajustements sur Photoshop. Pour conclure, ce fut long, ce fut compliqué, mais la photo est là, pour une des plus belles rencontres du séjour.

Yann

2 Comments

  1. Marion 14 septembre 2009

    Je préfère la photo du beau mâle dans le texte mais peut-être est-elle trop floue pour la sélectionner ? Bravo, vous n’avez pas perdu votre temps avec des photos pareilles !!!

  2. […] enthousiasmé. Même si nous avons déjà publié de très belles rencontres que nous avons faites (coqs de roche, tortues luth, paresseux…), les photos qui vont suivre dans les prochains jours figurent sans […]

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