Photos de famille

Après deux jours d’absence, les problèmes techniques semblent réparés. En espérant que ça tienne et pour nous faire pardonner, ce n’est pas une, pas deux, pas trois, mais bien 16 photos d’un coup que vous propose Anaïs ! Et en prime, je joins à ce lot un petit cours intitulé « Comment photographier dans la boue les petites bêtes ne voulant pas poser devant l’objectif (avec l’aide d’un assistant dévoué) ».

Sans parler des oiseaux, relativement visibles en forêt, les animaux que nous avons le plus croisé sont sans doute les grenouilles, sautant au dernier moment sur notre passage. Il faut dire que la Guyane compte une centaine d’espèces d’anoures (grenouilles et crapaud), regroupant des espèces de toutes formes et couleurs. Si les grenouilles-feuilles sont les plus présentes, il n’est pas rare de croiser quelques rainettes, dans des endroits parfois inattendus, comme celle-ci tranquillement posée sur le mur des douches de notre camp (avant de faire connaissance avec Anaïs). Plus difficile à trouver, notons tout de même les magnifiques dendrobates (notez sur la photo le petit têtard accroché sur le dos !), petites grenouilles aux couleurs vives signalant leur dangerosité, leur peau sécrétant un puissant alcaloïde. Ajoutons à tout ce petit monde les espèces que l’on ne voit quasiment jamais : je parle ici des nombreux amphibiens arboricoles vivant exclusivement dans la canopée.

Mais si l’Amazonie montre une grande diversité d’espèces, la quantité d’individus est aussi particulièrement importante. Pour exemple, cette mare remplie de têtards (notez que la flaque présente sur la vidéo était entourée de trois autres points d’eau tous aussi remplis). Cette abondance nous a d’ailleurs posé un sacré problème d’inspiration. Si lors de notre premier voyage en Guyane, la grande majorité des photos que nous avions faites concernait des grenouilles, nous avons un peu ralenti le rythme cette année pour cette raison. En effet, une fois que l’on a fait des dizaines de fois la même photo de face, de vue trois-quarts, un cadrage vertical avec la tête et la patte avant, on tourne vite en rond. Bien difficile de trouver de nouvelles idées lorsque l’on a déjà fait des centaines de cliché du même type d’animal. Cela dit, heureusement que nous avons pu nous faire la main pour ce genre de photos, car contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas forcément l’animal le plus facile à photographier.

En photo animalière, lorsqu’il s’agit de petits sujets, il est très souvent préférable de faire des photos à hauteur d’animal. Ce n’est pas une règle immuable, mais les clichés pris de dessus ne mettent que rarement le sujet en valeur et ont plutôt tendance à « l’écraser ». Il n’y a donc qu’une seule solution, s’affaler lamentablement sur le sol. Je ferais bientôt un texte sur le type de chemin que nous empruntions tous les jours, mais je peux juste vous dire que ces chemins sont souvent de véritables flaques de boue. Ce n’est donc pas ce que l’on appelle une partie de plaisir, sans parler des petites bêtes qui n’aiment pas vraiment être dérangées par une photographe s’allongeant sur elle (les fourmis en tête).

Une fois bien calée dans cette position peu confortable, nageant dans la boue, la photographe est fin prête à appuyer enfin sur le déclencheur. C’est souvent à ce moment précis que la grenouille décide de sauter à quelques dizaines de centimètres de là, quand ce n’est pas directement sur l’objectif. D’où la nécessité d’un assistant dévoué et particulièrement patient. Pendant un mois, j’ai donc dû régulièrement endosser le costume de dresseur de grenouilles (je soupçonne d’ailleurs Anaïs de m’avoir fait venir uniquement pour cela…). Pendant que la photographe attend allongée avec son appareil, mon rôle fut donc de courir après les grenouilles pour les remettre sur le droit chemin de l’objectif. Voir parfois rincer une grenouille trop sale pour poser sur la photo… Si certaines étaient relativement coopératives, nous avons dû déclarer forfait au bout d’un quart d’heure devant des grenouilles trop remuantes, ou trop venimeuses. Car s’il est souvent difficile de canaliser une grenouille-feuille, tripatouiller un dendrobate est une autre paire de manches. Photographe animalier est un dur métier, c’est sûr, mais ce n’est rien comparé à la tâche d’un assistant-photographe !

Yann

3 Comments

  1. Marion 20 septembre 2009

    Contente de vous revoir ! Espérons que les problèmes techniques ne refassent pas leur apparition. Très jolies photos de gre-gre. Et je vais tester la technique de l’affalage par terre à Paris pour les pigeons ^^.

  2. Audrey 22 septembre 2009

    Sympa le montage ! Une petite préférence pour la dernière photo en bas à droite.

  3. Jma 1 octobre 2009

    M’affaler par terre pour photographier un animal, je connais, même si c’est moins risqué dans les prairies humides rhodaniennes qu’en Guyane ! C’est vrai que les amphibiens ne sont pas évident à photographier, rainettes et grenouilles agiles métropolitaines n’étant pas bien grosse non plus et vite dissimulées par des herbes. Un exemple : http://leblogdugeai.canalblog.com/archives/2009/05/13/13583774.html

    Cdt,
    Jma

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